LYS fête ses 10 ans avec Steve Hewitt

Jeudi 12 septembre, LYS joue là où son aventure a commencé. Avant le concert à l’Ubu, à Rennes, trois questions au chanteur et compositeur Nicolas Veron :

Lys le jeudi 15 août 2019 au Park Rock festival, à Baudour, en Belgique.

Nicolas, peu de temps après la formation de LYS, le groupe a tourné à l’étranger. Etait-ce très vite un objectif ?

Oui, nous nous sommes rapidement focalisés sur l’envie de jouer aussi bien à l’étranger qu’en France. Pendant un an, nous avons joué dans des bars à Rennes. Ensuite, vu le son, notre musique, nos influences, cela nous paraissait logique de chercher à jouer dans d’autres pays. D’abord en Angleterre, notamment à Londres où j’ai rencontré Steve, puis les Etats-Unis, la Chine et pas mal de pays d’Europe.

Steve Hewitt et Nicolas Veron

Comment as-tu rencontré Steve ?

J’étais un grand fan des premiers albums de Placebo. Quand j’ai su que Steve n’était plus dans le groupe, je lui ai envoyé un message. Nous avons un peu discuté. J’ai décidé de l’inviter à notre concert à Londres mais je ne savais pas s’il viendrait. Il est venu. C’était une très bonne surprise que j’ai failli rater. Le matin du concert, alors que j’étais encore en France, je n’ai pas entendu mes réveils. Mes collègues de l’époque m’ont téléphoné plusieurs fois. J’ai heureusement fini par me réveiller et je suis entré dans le train de justesse !

L’arrivée de Steve a-t-il permis à LYS de franchir un cap ?

Oui. Le projet est devenu beaucoup plus sérieux à partir du moment où Steve s’est investi. Il a apporté une crédibilité. Nous avons beaucoup plus tourné. En studio, nous avons développé un meilleur son, de meilleurs enregistrements. Nous avons eu un mentor de qualité.

Nicolas, balance ta prog !

THE DOORS Love me two times

Jeanne Added : « Je me sens proche du concept de sororité »


© 2019 Seb Lelièvre – Concert de Jeanne Added le dimanche 7 juillet au festival Beauregard.

Son deuxième album, « Radiate », a confirmé qu’elle était une artiste à suivre sur le long terme. Dimanche 7 juillet, avant un des concerts les plus toniques de Beauregard 2019, Jeanne Added répondait aux questions de la presse. L’autrice-compositrice-interprète est notamment revenue sur sa participation au film « Haut les filles » sorti quelques jours plus tôt.

Jeanne, tu es à l’affiche du documentaire « Haut les filles » de François Armanet. Il met à l’honneur dix femmes de la scène musicale française. Que retiens-tu de cette expérience ?

La longue interview s’est déroulée dans des conditions confortables. J’ai vu le résultat lors de sa présentation à Cannes. C’est une première étape. Le sujet, à mon sens, n’a pas beaucoup été abordé jusqu’ici. Ca fait du bien de voir un tel film. Il donne envie d’aller plus loin.

Avec d’autres femmes artistes françaises, avez-vous l’impression de constituer une nouvelle famille ?

Il faudrait qu’on se connaisse bien pour dire ça mais je me sens proche du concept de sororité. Je fais partie de celles qui estiment qu’on ne se tape pas les unes sur les autres. Nous devons nous soutenir. Avec Clara Luciani, on commence à se connaître un petit peu. Nous nous apprécions beaucoup d’ailleurs. Plus il y en aura, mieux ce sera.

Tu viens initialement du jazz. As-tu l’impression que ça a un impact sur ta musique considérée comme rock ?

Pas sur ma musique. Mais forcément sur ma façon d’en faire. Ma formation jazz m’a donné une boîte à outils pour l’écriture, la composition, le studio et la scène. En revanche, en terme de résultat, le jazz n’est pas très présent.

La basse est-il ton instrument de prédilection ?

Je ne joue pas bien de la basse. J’ai choisi cet instrument car j’étais initialement violoncelliste. Il y avait quatre cordes. Je n’avais pas envie d’y passer beaucoup de temps alors j’ai choisi l’instrument le plus proche de ce que je savais déjà faire. Je ne sais jouer à la basse que ce que je dois jouer donc on ne peut pas dire que je sois bassiste.

Quels sont tes liens avec la Normandie ?

Je pense surtout à l’enregistrement de l’album « Be sensational », mon premier album, avec le producteur Dan Levy.

Clara Luciani : « Je suis amoureuse de Honfleur »


© 2019 Séb Lelièvre – Concert de Clara Luciani le samedi 6 juillet au festival Beauregard

Samedi 6 juillet, lors d’une conférence de presse au festival Beauregard, à Hérouville-Saint-Clair, Clara Luciani s’est confiée sur ses liens avec la Normandie, sa complicité avec ses musiciens et sa façon de concevoir les concerts.

Que retiendras-tu de ce passage au festival Beaurgard  ?

Formidable à tous les points ! Pour être honnête, j’ai été hyper bien reçue en coulisse avec du très bon fromage et le public était incroyable. Quand on m’a annoncé que j’allais jouer à 16h, j’ai eu une petite angoisse. Je me disais « les gens auront fait le festival la veille donc ils ne seront pas du tout réveillés ». Finalement, ils étaient déjà prêt à chanter et danser dès 16h !

As-tu des liens avec la Normandie ?

Pas dans le sang. Ce sont des liens que j’ai créé plus tard. Ils sont précieux. Je suis amoureuse d’Honfleur. J’y ai passé Noël. J’essaye d’y aller dès que je peux. J’aimerais bien vivre en hiver à Honfleur et en été à Aix-en-Provence.

Tu montres sur scène une grande complicité avec tes musiciens. Comment s’est-elle construite ?

Quand tu passes deux ans et plus de deux cents concerts avec des gens merveilleux, tu finis par les adorer comme des frères. Je crois que c’est ce qui s’est passé entre nous. Je les trouvais bons musiciens quand je les ai choisis. Il s’est avéré qu’ils sont aussi d’excellentes personnes. C’est super précieux d’avoir ce genre de liens pour contrer les moments lors desquels il peut y avoi un peu de mélancolie ou de fatigue après plein de concerts. Avoir ces gars-là avec moi sur scène n’a pas de prix. Ce sont souvent eux qui me portent.

L’esprit de groupe amène parfois à transformer des morceaux par rapport à ce qu’ils étaient en studio…

Oui, bien sûr. C’était l’idée en fait. Je n’avais pas envie de refaire le disque sur scène. Il y a des artistes qui sont maniaques avec ça, qui veulent que le concert sonnent comme le disque. Pour ma part, je voulais que le concert soit surprenant. Les gens reconnaissent l’ADN des chansons mais sont emmenés un petit peu ailleurs. Nous avons travaillé dans ce sens là. Il y a plein de parties qui ne sont pas sur le disque. Je n’interprète pas les chansons de la même façon sur scène.

Autre moteur de ta tournée actuelle : l’apport de nouveaux titres..

C’était important de motiver les troupes avec de la nouveauté. C’est chouette pour le public qui vient à beaucoup de concerts. Et aussi pour nous les musiciens, pour éviter la sensation de répétition. Je veux que les concerts restent extraordinaires. Car c’est extraordinaire de faire ce métier ! Je n’ai pas envie que ça nous échappe. Nous devons continuer à nous rendre compte à quel point nous avons de la chance.

Tu as clôturé ton concert à Beauregard par « La grenade », reprise en chœur par le public. Te sens-tu parfois dépassée par la portée d’un titre.

Oui, un peu, par moment. C’est très agréable quand, tout à coup, une chanson devient presque un hymne. Et c’est hyper beau de voir les gens chanter une chanson écrite dans la confidentialité. Mais j’espère ne pas devenir la fille d’une chanson. J’ai parfois cette peur. J’ai envie de dire « Ecoutez le reste de l’album, il y a des chansons superbes ». Mais je pense qu’une chanson qui passe à la radio régulièrement peut aussi être une porte d’accès à un univers.

Tes musiciens s’éclipsent de la scène le temps de la chanson « Drôle d’époque ». Ses paroles ont-elles une portée particulière pour toi ?

Peut-être. J’avais besoin de ce moment qui me faisait renouer avec ma première façon d’expérimenter la scène, c’est-à-dire guitare-voix. Je faisais des premières parties toute seule. C’est parfois bon d’avoir une piqûre de rappel de cette période car c’était une autre forme de puissance.

Entre la chanson et le rock, ton cœur balance ?

Oui, complètement. Ce sont les deux familles que j’ai le plus écoutées, autant l’une que l’autre. Mon adolescence, c’était presque autant les Sex Pistols que Léo Ferré !

Ysé Sauvage :  « J’ai longtemps voulu écrire des scénarios »

Ysé Sauvage au festival Papillons de nuit le samedi 8 juin 2019.

Ysé Sauvage vit à Blainville-sur-Mer, dans la Manche. A bien regarder le clip de « Same old », le littoral normand a sûrement inspiré la chanteuse. Mais ses influences musicales sont aussi à chercher outre-Atlantique. A Saint-Laurent-de-Cuves, rencontre avec une artiste pop-folk intéressée par l’effet papillon.

Ysé, d’où te vient le goût de la musique folk ?

J’ai vécu au Canada quelques mois. A 14 ans, je me suis retrouvé dans une famille d’accueil. J’avais envie de partir, de prendre l’air. Le père de ma famille d’accueil était un mélomane qui adorait la folk. Pour aller au supermarché, il fallait parfois une heure. Il y avait donc le temps d’écouter des albums entiers. Il m’a fait découvrir la country et la folk. En rentrant du Canada, j’ai réalisé que cette musique m’avait bien imprégnée en termes de goûts et d’envies pour ma propre écriture.

Notamment Bob Dylan…

Oui ! Je l’ai vu au Grand Rex récemment et c’était très cool. C’est incroyable qu’il tourne encore. Je me souhaite de tourner autant. Il a une sacrée présence ! Je me souviens aussi du son hallucinant du batteur, très feutré. Je n’avais jamais entendu de la batterie comme ça.

Que retiendras-tu de ce concert au festival Papillons de nuit ?

Je vais retenir que c’est mon premier festival en Normandie, un peu chez moi. Ca devrait me rester longtemps à l’esprit, comme toutes les premières fois.

A propos du 2e EP, as-tu l’impression d’avoir été dans la même direction que pour le premier ?

Je crois que je suis resté fidèle à moi-même mais certainement dans une autre direction. Je crois m’être davantage rapprochée de la pop. Et surtout, j’ai fait une rencontre avec un super mec, Louis Chaâl, qui est devenu mon bassiste, guitariste et trompettiste. On a bossé sur mes titres et il a fait des arrangements. Le travail était donc un peu moins solo. Louis a fait entrer d’autres influences qui sont fidèles à ce que j’aime, ce que j’écoute et ce qui me touche.

Ce deuxième EP s’appelle « Scénario ». As-tu eu des envies de cinéma ?

Oui ! Pendant très longtemps, je voulais écrire des scénarios. L’idée n’est pas restée mais, d’une certaine manière, j’en ai écris pour un autre support. Le « scénario » m’a beaucoup parlé au-delà de l’aspect cinématographique. Je suis tombé sur la définition « une multitude de futurs possibles » et j’ai trouvé chouette ce concept. Nous faisons quotidiennement des choix qui semblent minimes et c’est l’ensemble de tous ces choix qui font notre vie.

Tu utilises toujours un looper, sans doute moins depuis que tu es entouré par des musiciens…

Oui, j’ai longtemps tourné seul. J’avais envie de me libérer, de me lâcher des contraintes purement techniques. Je devais jouer aussi bien avec les pieds qu’avec les mains. Je suis maintenant accompagné par deux musiciens. J’ai gardé le looper comme quelque chose qui amplifie le live plus que de quelque chose dont j’ai besoin pour pouvoir jouer.

Ysé sauvage, Balance ta prog !

« It was you » de Norah Jones.

Ysé Sauvage sera en concert gratuit le jeudi 8 août à 19h à Paris, à Bercy Village, dans le cadre des musiques en terrasse.

Alice et moi : « Je me suis battue contre moi »

Il y a des paroles et des mélodies qui restent en tête toute une journée. Celles d’Alice et moi sont suffisamment malines pour vous accompagner toute une vie. Après cinq premiers titres très prometteurs, la chanteuse à la casquette sortira son nouvel EP en février. Elle le fêtera sur la scène de la Maroquinerie, à Paris, le lundi 11 mars. Rencontre avec l’artiste pop à ne surtout pas perdre de vue en 2019. 

« Frénésie », ton deuxième EP, sortira en février. A qui la réalisation a-t-elle été confiée ? 

Alice : Je l’ai enregistré avec Angelo Foley.  Il a aussi réalisé des titres de Georgio, Grand Corps Malade, Eddy de Pretto et tellement d’autres. Il est très fort.

Ecoutes-tu ces artistes que tu viens de citer ? 

Oui, car ils mettent beaucoup d’importance dans les paroles. J’écoute plein de musiques différentes mais j’ai beaucoup de respect pour les artistes qui soignent leurs textes.

Sur le titre « Filme-moi », titre phare de ton premier EP, il semble y avoir plusieurs degrés de lecture…

Oui, c’est le cas dans tous mes morceaux. Dans « Filme-moi », il est d’abord question d’une personne qui demande à l’être aimé de ne pas oublier les moments qu’ils vivent ensemble. Mais, quand j’ai écris « Filme-moi », je savais aussi que ce serait pour demander au public de ne pas m’oublier.

On peut vite oublier des personnes, y compris celles qui ont compté, non ? 

Je ne sais pas. Pour ma part, que ce soit en amour ou en amitié, j’ai du mal à me dire que j’ai pu aimer quelqu’un très longtemps et passer facilement à autre chose. Même si on grandit, qu’on change et qu’on prend des directions différentes, je ne comprends pas. Nous n’avons qu’une vie ! Je ne veux pas que les souvenirs s’en aillent ! Ca me rappelle « Eternal sunshine of the spotless mind ». Dans ce film, le personnage principal essaie d’oublier tous les souvenirs passés avec une ex. Quand il réalise que ses souvenirs s’échappent, ils pètent un câble et court après. C’est horrible !

A 25 ans, as-tu déjà des regrets ?

Je suis une personne très mélancolique. Le passé me fait toujours des choses très fortes. Ca me prend comme une vague. Mais je n’ai pas de regrets car je suis contente de la vie que j’ai aujourd’hui.

J’imagine que tu t’en es donnée les moyens…

Oui, franchement, je me suis battue comme une folle ! D’abord, je me suis battue contre moi car je ne pensais pas avoir le courage de faire ça dans ma vie. Quand tu dis « Je vais faire de la musique », les gens te regardent très mal mais tu peux aussi te décourager certains jours devant le miroir. Aujourd’hui, je suis contente du chemin parcouru. Mais il reste encore plein de choses à faire !

Alice, tu montres beaucoup d’énergie sur scène. Es-tu sportive ? 

Oui, merci pour cette question ! (rires) Je suis un peu sportive mais je ne vais pas courir tous les matins ! J’ai fait de la boxe. Quand j’étais plus jeune et mal dans ma peau, je sentais que j’avais plus de potentiel que ce que je montrais. Vers l’âge de 17 ans, j’avais envie de me mettre en danger. C’était très effrayant mais ça m’a plu !

Veux-tu sortir avec un rappeur ? 

(rires) Non, dans la chanson « Je veux sortir avec un rappeur », je voulais surtout écrire sur le fantasme d’une vie passionnée avec quelqu’un. Il ne faut pas prendre mes morceaux trop littéralement ! D’ailleurs, la chanson se finit dramatiquement. Les rappeurs ne m’acceptent pas et me disent de rentrer chez moi !

En tant qu’artiste, assumes-tu de susciter des fantasmes à ton tour ? 

(rires) Oui, je veux créer chez les gens plein d’émotions. Quand tu es artiste, que tu montes sur scène et que tu te mets en image, il y a forcément du fantasme qui va autour. Ca ne me dérange pas mais je pense aussi être dans l’honnêteté et la sincérité. Par exemple, après les concerts, je vais traîner avec tout le monde .Je n’ai pas envie d’être uniquement cette fille fantasmée dont on se demande qui elle est. On peut venir me parler.

Alice et moi, balance ta prog ! 

  • SEIN : « Villa »
  • DANI TERREUR : « Un beau souvenir »
  • QUEEN : « Cool cat »