Alcide, un rockeur devenu DJ

Avant sa prestation du 29 janvier 2026 au Portobello Rock Club, rencontre avec le Caennais Alcide, un DJ techno hardcore qui ne renie jamais son attachement au rock.

Habitué à agiter les nuits caennaises par ses DJ mixes, Evan Schoepflin, alias Alcide, s’est décidé à télécharger un logiciel de Musique Assisté par Ordinateur il y a un an et a sorti quatre compositions officielles depuis. « La cinquième composition, celle en forme de blague, est celle qui fonctionne le plus », s’étonne-t-il.

Pour ses visuels et vidéos promotionnelles, il peut compter sur les apparitions de nombreux félins. « J’ai quatre chats », précise-t-il. « Ils m’ont beaucoup apaisé. Je me retrouve dans leur côté antisocial et plus franc. » Un caractère qui colle bien au fait de ne pas se laisser domestiquer par un genre musical.

Né il y a trente ans à Beuvry, dans l’arrondissement de Béthune (Pas-de-Calais), Alcide a commencé la musique quand il avait six ans. Il a appris le solfège et la batterie au conservatoire de Bruay-la-Buissière. Quelques années plus tard, pour ses 12 ans, il demande à Noël une guitare électrique afin d’imiter ses idoles de jeunesse parmi lesquels AC/DC, Nirvana, Led Zeppelin et The Beatles. « J’ai appris l’anglais en cherchant à traduire les paroles. »

En tant que guitariste autodidacte, Alcide a fait partie d’un groupe de lycéens à L’Aigle (Orne) pour lequel il alternait guitare et basse et jouait « beaucoup de reprises punk-rock ado », notamment du Blink 182 et du Sum 41. « Nous n’avions qu’une seule composition », se rappelle le musicien. « Nous avons donné des concerts dans le lycée, à la salle des fêtes de L’Aigle et pour la fête de la musique. » Mais s’il a ensuite été aperçu dans le Calvados dans le groupe punk The Little Birds, c’est surtout pour la techno qu’il monte sur scène aujourd’hui.

Une grande envie de faire la fête

Le virus des musiques électroniques lui a été inoculé en 2014. Étudiant à l’école des Beaux-arts de Cherbourg, Alcide y rencontre des amis qui n’écoutent pas du rock mais de la techno. C’est cette même bande qui donnera lieu quelques années plus tard à DBH, une association de promotion d’événements artistiques, culturels et musicaux. « Au départ, j’étais en total désaccord avec eux sur le plan musical, mais j’avais envie de faire la fête », souligne Alcide. « Ils m’ont contaminé. »

« J’ai trouvé dans la techno un côté transe, une musique dans laquelle se plonger plus facilement pendant des heures. »

Des bars caennais pour laboratoires

Préférant être « acteur plutôt que spectateur », Alcide a pris les platines, d’abord dans des free-parties. Sa plus longue performance a duré quatorze heures, « du dub au hardcore en passant par du progressive trance ». Depuis cinq ans, il se concentre sur ses prestations dans des bars et clubs de Caen dont certains lui ont servi de « laboratoires, avec peu de place pour la composition », mais il a aussi joué fin juin sur une belle scène dédiée à DBH au Dox’Art, festival electro underground, à Hambye (Manche).

Du jamais vu au Portobello

Avant une tournée qui débutera au Havre, à Rouen et à Angers, sa prochaine grande étape caennaise sera la soirée « Boiler Room » au Portobello Rock Club le jeudi 29 janvier. Le trentenaire partagera cette scène avec Victus, un autre artiste de DBH. « Il fait du live machine avec plein de boîtes à rythmes, ça change », indique Evan.

Passé une heure et demi d’ambiance « lancinante » par Victus, Alcide prendra le relève avec du hardcore industriel en mettant en avant ses influences rock, punk et metal. Il compte « se faire très plaisir, rien que par la qualité du son » et y laisser sa griffe par une scénographie inédite pour le lieu. « Nous avons imaginé une petite cage de catch surélevé, comme un îlot lumineux, et les gens danseront autour », se réjouit le DJ caennais.

Fidèle au rock

Les influences techno d’Alcide ont beaucoup évolué. Celles d’aujourd’hui sont à chercher dans la crossbreed qu’il qualifie de « mélange de hardcore industriel et de drum & bass avec des snares bien métalliques ».

Un live de Iridium au Dox’Art l’a marqué durablement. « J’aime ce côté punk mis en avant dans la techno et ça a été une impulsion pour faire ce que je fais aujourd’hui. »

Et il ne faudrait surtout pas croire qu’Alcide a rangé la guitare. Il écoute même toujours plus de rock que de techno et ira voir Foo Fighters le 19 juin à La Défense Arena, à Paris, et The Sheepdogs le 10 décembre au 106, à Rouen. « Je suis aussi très fan de chansons françaises », confie aussi le DJ en mentionnant Serge Gainsbourg, Georges Brassens, Joe Dassin et Charles Aznavour. « Il y avait une richesse et des émotions dans ces chansons que j’ai plus de mal à retrouver aujourd’hui. »

La passion d’Alcide pour la musique lui vient peut-être de son grand-père. « Il était dans une chorale et jouait de l’harmonica », se souvient-il. « C’était un autre style, il jouait du tango et de la polka, mais le voir autant animé par la musique m’a marqué. »

Alcide, balance ta prog techno !

  • IRIDUM – Another victim
  • FASTER & KURSED SYSTEM – Fight the system
  • BEZÄRK, IRIDIUM, FRENESYS & NAGASAKI – Prototypes soldier

Alcide, balance ta prog rock !

  • KORN – Falling away from me
  • DEFTONES – Be quiet and drive (Far away)
  • DESCENDENTS – Hope

Alcide, balance ta prog chansons françaises !

  • CHARLES AZNAVOUR – Hier encore
  • SERGE GAINSBOURG – L’hôtel particulier
  • RENAUD – Les charognards

Hardcore. Hysta délivre son « Antidote »

Vendredi 25 mars 2022, sur le label The Third Movement, Hysta a sorti le très attendu « Antidote », un morceau qui lui tient particulièrement à cœur.

Hysta lors de la nuit Spiritual War du 12 mars au Cargö à Caen - © 2022 Agence Plein format
© 2022 Agence Plein format – Hysta lors de la nuit Spiritual War du samedi 12 mars 2022 au Cargö, à Caen.

Le nom du morceau était particulièrement prometteur : « Antidote » est disponible depuis vendredi 25 mars 2022 sur le label The Third Movement. « Ça fait très longtemps que j’ai commencé à travailler sur ce morceau », déclare Hysta, jointe par téléphone. « Avec une vocaliste autrichienne, nous avons commencé à parler des paroles il y a plus d’un an. Nous avons bossé plusieurs fois l’intro, l’outro, le break. » Il faut préciser qu’Antidote tenait particulièrement à cœur à la musicienne. « J’avais envie de parler de ce qu’on a pu ressentir, en tant que public et en tant qu’artiste, sur le fait d’être loin des gens qu’on aime, des musiques ou des choses qu’on aime. Donc j’ai vraiment voulu prendre mon temps et ne pas juste proposer une track mais un pack audio et visuel. »

Pour le clip, Hysta a fait confiance à Billboard communication. « J’ai eu plusieurs rencontres avec eux pour expliquer ce que je voulais transmettre et réfléchir à comment faire ressortir les émotions que je voulais. » Son idée : se retrouver dans une pièce noire, seule. « C’est comme ça que je me suis ressentie, avec tous mes souvenirs autour de moi, mais seule, loin de tout ce que j’aime. »

Sa vieille table de mix, des vinyles et des images de soirée apparaissent dans le clip. « J’ai des flyers partout sur mes murs », confie Hysta. Monter sur scène est maintenant redevenu sa réalité, pour son plus grand plaisir : « pour moi, ces nuits sont la solution ».

Consécration

Le mois de mars a été marqué par ce qu’elle a vécu comme « une consécration » : le 5 mars 2022, aux Conspiracy Hard Tours, au Red Club, avec Furyan. C’est la première fois qu’elle mixait avec ce producteur qu’elle admire. « C’est le meilleur pour moi, mon producteur préféré », souligne Hysta. « Les choses les plus stables dans ma vie, ce sont ses tracks dans mon set. C’est pour moi le plus talentueux dans le hardcore aujourd’hui. »

La collaboration va se poursuivre avec la sortie d’un clip en avril pour leur titre en français « Son qui défonce », un morceau déjà joué samedi 26 mars sur la scène principale du festival Masters of hardcore à Den Bosch, aux Pays-Bas.

© 2022 PJ – Hysta lors de la nuit Spiritual War du samedi 12 mars 2022 au Cargö, à Caen.

Agenda chargé

Après sa première date en Normandie, la soirée complète « Spiritual War » du 12 mars 2022 au Cargö, à Caen, où Hysta a apprécié « le public hyper réceptif » et « l’organisation incroyable », la DJ internationale a notamment mixé lors de l’événement Born To Rave du 19 mars à Paris.

Elle sera le 2 avril à Stuttgart, en Allemagne, pour Inurfase, et le 9 avril à Marseille pour Tapage nocturne. Direction ensuite l’événement Sektor 11 le 14 avril à Zürick, en Suisse, pays où elle a vécu deux ans. Le lendemain, Hysta sera au Panorama, à Morlaix, pour sa première grosse date en Bretagne, sa région natale.

Mentionnons aussi, rien que pour le mois d’avril, le Reperkusound à Lyon le 16 avril, This is uptempo à Gemert le 23 avril et Legacy of HC à Sofia, en Bulgarie, le 30 avril.

© 2022 PJ – Hysta lors de la nuit Spiritual War du samedi 12 mars 2022 au Cargö, à Caen.