SALT : la tête dans les nuages

Formé en 2016, le groupe franco-américain Salt a sorti en juin 2019 son premier album « The loneliness of clouds ». Son guitariste, Stéphane Schück, nous raconte l’histoire du groupe et nous confie ses influences à la fois énergiques et aériennes.

  • Comment est né Salt ?

Au début des années 90, j’étais animateur sur Radio 666 et fan de Game Theory, un groupe de San Francisco. J’avais réalisé à la radio une interview de son chanteur, Scott Miller, une de mes idoles d’adolescence. J’ai sympathisé avec lui. Nous avons fait de la musique ensemble. Malheureusement, il s’est suicidé en 2013. Je me suis retrouvé avec des chansons inédites enregistrées avec lui. Il a été décidé de faire l’album posthume Supercalifragile. Celui-ci a été produit par Ken Stringfellow, leader des Posies, qui a tourné avec R.E.M pendant dix ans. Lui et moi avons décidé de créer le groupe Salt avec le songwriter Anton Barbeau. Ensuite, j’ai fait appel à des amis de Caen : Fred Quentin à la basse, Benoît Lautridou à la batterie.

  • Où a été enregisté « The loneliness of clouds », le premier album de Salt ?

Pour moitié à Paris, au studio Ferber, et pour l’autre moitié à Londres, à Abbey Road.

  • Enregistrer à Abbey Road ! De nombreux musiciens peuvent vous envier…

C’est un vrai rêve ! Ce studio n’a quasiment pas changé depuis les années 60. Tu peux jouer sur le piano utilisé par les Beatles pour « Penny Lane ». Nous avons travaillé avec un des ingénieurs du son de Paul McCartney très sympa. Il te considère et s’investit même si tu es un petit groupe.

  • Pixies semble figurer dans les influences du Salt, n’est-ce pas ?

Oui, énormément ! Il y a aussi The Beatles et notre goût pour les harmonies vocales. Il y a beaucoup de voix sur l’album. Nous aimons aussi l’énergie post-punk des années 80, notamment Wire et XTC. Notre chanteur aime également le rock psychédélique. De mon côté, je reste un grand fan d’Elliott Smith et de New Model Army. Parmi les groupes plus récents, j’écoute We are scientists.

Pochette de l’album « The loneliness of clouds ». Photo par Stéphane Schuck.
  • Qui a pris les belles photographies noir et blanc du livret de l’album ?

C’est moi ! A mes heures perdues, j’essaie de faire de la photo. J’aime bien ce lien entre l’image et la musique qui était aussi très exploitée par Pixies et leur designer. J’aime aussi le décalage. La pochette de l’album n’évoque pas forcément la nature de la musique que nous jouons. Mais j’aimais bien l’aspect mélancolique de cette photo de couverture, ce personnage qui se baigne seul dans un lac.

  • Stéphane Schück, guitariste de SALT, choisis un morceau des Pixies !

« Ed is dead » ! Il y aura d’ailleurs un titre hommage dans le deuxième album de Salt. Il s’appellera « Ed is not dead » !

  • Et un morceau de R.E.M ?

Dans leur première période, j’aime beaucoup « It’s the end of the world as we know it (and I feel fine) ! J’espère qu’il n’est pas prémonitoire. On se concentrera sur le « I feel fine » !

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